jeudi, novembre 23, 2017

bonne à rien

Le ciel est bleu que colonisent lentement des nuages – ils avaient dit doux, mais pas vraiment ça ce matin, mon impression dans l'antre 
et d'ailleurs je ne sors pas, ne voudrais pas abandonner, renoncer à réagir à la dernière proposition de l'atelier de tiers livre http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4477
mais suis pas cap, non suis pas cap – honte de mon manque de volonté actuelle (suis pas cap de prendre décision avenir peut-être nécessaire, peut-être moins, et puis faut que j'attende avis et examens, suis plus trop cap de donner non plus, juste à la limite)
alors j'ouvre le fichier abandonné, j'enlève un peu, je rajoute à la place, je vais jusqu'au bout et c'est déjà trop long mais le principal n'y est pas, je croyais avoir en tête suite, mais serait trop sec et bref, je tente, suis pas cap, alors misérablement me mets au ménage en tentant d'en être cap, et puis je cherche des photos de fleurs parce que cela ne sert à rien...
J'attendais le soir. Or donc vers six heures, me suis changée, équipée, ai vérifié mon sac et m'en suis allée
pour être à sept heures au théâtre du Chêne noir.
Une impression de vide en embouquant la rue Sainte Catherine, et une confirmation, je me trompais, une vérification : nous n'étions pas le 23 septembre

ai pensé décidément.... et m'en suis revenue.

mercredi, novembre 22, 2017

Limites

Beauté, nuances, relative variété des façades dans nos rues, comme une petite musique lente
lumière, ombres douces et une ébauche de tendresse dans l'air hivernal
sobriété cette année des décors (jusqu'à maintenant en tout cas)
mais l'étroitesse de ces quelques guirlandes perdues dans l'espace
mais ces gouttes métalliques dardées comme des flèches au dessus de nos têtes
mais l'agacement de devoir attendre le 28 janvier pour le premier des rendez-vous avant premier des examens demandés par petit toubib....

mais France état de droit disait-on, et puis écouter le reportage sur les migrants mineurs dans les Hautes Alpes en lien dans le billet d'Eric Schulthess https://carnetdemarseille.com/2017/11/21/migrants-mineurs-en-montagne-ou-en-mer-meme-calvaire/

mardi, novembre 21, 2017

dans nos rues, matin

feuilles se meurent
rues éblouies sous ciel bleu
et monstres bénins
quelques camions aussi, pour préparer les achats de fin d'année, et une Brigetoun qui, allant faire provision de collants de laine et de chaussettes, était en conversation intérieure avec le personnage qui avait semblé lui fournir sujet pour l'atelier de François Bon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4480, qui s'était posé là dans un présent mais s'obstinait à rester circonspect pour donner indications sur son passé et son futur.


lundi, novembre 20, 2017

Paresse et influences

sous vent lumineux
la ville fête en bleu franc
les joies d'automne
moi, dans l'antre, je me lave les cheveux, traque poussière dans les nids où ne vais jamais voir, passe aspirateur, repasse un peu, me tiens les reins, range papiers, paye ou donne ce que je peux dans ce que je veux, dis bof au petit concert de chambre qui devrait avoir lieu à Saint-Pierre...
et, parce qu'en finissant de préparer mon repas (trop important, mais ce n'était pas dû à l'influence du commentaire de Pierre Landré sur mon billet précédent, parlant de boulimie, mais simplement au plaisir de peler, couper, en écoutant ce qui sortait du poste) j'avais entendu un documentaire Pain maudit à Pont-Saint Esprit – de l'ergot dans le pétrin https://www.franceculture.fr/emissions/une-histoire-particuliere-un-recit-documentaire-en-deux-parties/pain-maudit-a-pont-saint-esprit-de-lergot-dans-le-petrin et qu'un sourire me venait avec le souvenir, ai repris, feuilleté Tous les diamants du ciel de Claro (Actes Sud) et j'en ai savouré la langue et l'esprit
L'intoxication est féroce, ses origines éprouvantes. Violemment exhumé du fond des âges noirs, et comme chu du Retable d'Issenheim où Grünewald avait entassé ses visions, instaurant sa loi dans la cité gauloise encore titubante de l'après-guerre, vient de resurgir, plus inquiétant parce que prétendument disparu, le fameux «mal des ardents», l'ignis sacer, le spectre de l'ergotisme, et avec lui la perspective de moignons boucanés, d'yeux révulsés, de spasmes et de rictus, de flammes omniprésentes, d'appels à la délivrance – ….
et plus loin, dans le texte et l'espace... des prostituées attiraient leurs clients pour les «doser», après quoi les agents de la CIA prenaient des notes, se grattaient le nez, reprenaient un scotch serré, quand eux-mêmes ne s'entre-dosaient pas, car tout ça n'était pas très sorcier...
Et puis, parce que j'avais lu le beau billet de Pierre Ménard un labyrinthe sonore à entrées multiples https://www.liminaire.fr/journal-1/article/un-labyrinthe-sonore-a-entrees écouter (et voir), longuement, une grande partie de sleep de Max Ritcher au hasard des vidéos trouvées... l'une des plus brèves


dimanche, novembre 19, 2017

Laboratoire, légumes et flemme

dans le frais vent bleu
avec belle lumière
vers Saint Jean le Vieil
y quérir les deux pages de résultats qu'avec ma toute petite intelligence je crois passables
et puis, parce que j'avais pris mon couffin pour profiter, sans nécessité urgente, de la proximité des halles pour éviter un trajet mardi, mais parce qu'en passant place de l'horloge j'avais vu que les vins avaient fait place à la semaine gastronomique – bienvenue à la ferme j'ai hésité un moment place Pie, à côté de la tour, et puis j'ai tourné le dos au chemin vers les halles, suis entrée dans un Carrefour pour acheter du hareng (désir de nourriture forte d'hiver et pas fait déssaler de morue...)
et à travers les allées du chapiteau, négligeant les vins, la viande d'autruche, les charcuteries, fromages – en ai trop -, foie gras – aime pas -, les noix de Périgord, les châtaignes, le raisin frais, les pâtisseries, l'hydromel, les produits assaisonnés de safran ou de truffe, les escargots, même l'huile d'olive de Nyons (en ai une bouteille et un bidon) etc... pas trop recommandables pour moi ou guère à mon goût, en suis restée à un gros butternut, deux bulbes de fenouil et des petites pommes jolies venus de la Barthelasse, plus un gros pot de miel de bourdaine venu de la Creuse
lest qui m'a permis, longeant les petites cuisines devant l'opéra, de tenir dans le reste de mistral au coin de la place....
Seulement la bénignité de carcasse s'est un peu lassée, ma volonté a eu tendance à fuir, et j'ai renoncé à partir vers huit heures écouter la Corse, sous le faux prétexte d'un changement du programme : abandon de Culombu https://www.acteur-fete.com/fr/p/culombu-chanteurs-de-corse-marseille et surtout de Diana di l'Alba
même si me faisais une joie rieuse d'écouter les bastiais I Mantini
mais à vrai dire, distraction ou rêve, en lisant sur le programme : corse, j'avais entendu en moi polyphonie (quoiqu'ils en disent, même si pas forcément i muvrini, quelque chose comme Canta u Pupolo Corsu)
Alors, j'ai fermé mes volets sur la nuit froide, j'ai écouté toutes leurs chansons disponibles sur YouTube
et puis j'ai commencé (ça c'était hautement recommandable), avec bec ouvert pour mieux recueillir, la lecture d'A même la peau d'Anne Savelli https://www.publie.net/livre/a-meme-la-peau-anne-savelli/
D'ici là il y aura eu ce corps-ci, ce corps-là ce corps approché, revêtu, supposé, approché, donc, embrassé et serré, supposé donc, pas le temps de le voir de le laisser venir que déjà enserré, donc, entrelacés les doigts le manteau les vêtements qui encombrent et protègent, font ce corps approché, le détourent, le cernent, dense et pris comme tel et pourtant inconnus ce corps-ci ce corps-là et la peau, donc, peau que ne connaissent pas ce corps-ci ce corps-là, ne connaîtront jamais ou peut-être bientôt, très très bientôt peut-être, comment est-elle la peau
entrelacer les doigts parce que se séparer un très petit instant un seul de ces instants à cet instant précis, parce que se délaisser un seul petit instant il n'en est pas question à cet instant de pause, suspension dans l'espace, ce corps-ci, ce corps-là changent de position, enserrés autrement à cet instant précis et cernés par la foule qui elle ne veut rien, ne veut rien que de l'air, ne veut rien de serré ...


samedi, novembre 18, 2017

Matin clair

pureté du bleu
air frais, clarté piquante
en souffle léger
faim un peu et grande soif
la vie encore en sommeil
de clocher en tour, aller tendre bras, donner sang, et puis dans un local clair et neutre se plonger en grande tasse de chocolat chaud

vivre le reste du jour, tenter écrire et surtout se régaler (bien plus que je ne le pensais) en continuant par petites goulées la lecture de l'Enquête sur l'évolution littéraire de Jules Huret publiée par François Bon chez Tiers Livre Editeur (un peu plus de la moitié, dans le plaisir de ces voix diverses, malices, esquives, sincérité, méchancetés, admirations, don doctoral ou charme, en sautant parce que vraiment il ne voulait pas de moi ou parce que je me refusais à tenter de le suivre, Saint-Paul Roux le magnifique) https://www.amazon.fr/gp/product/1544807813/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=6746&creativeASIN=1544807813&linkCode=as2&tag=letierslivre-21&linkId=1551f807e51b77d3f2614da208c519c7

vendredi, novembre 17, 2017

presque douceur

l'automne en tons sourds
beige las, brun, ocre roux
et les rubans bleus
du ciel entre les maisons
pour entraîner les jambes
mais les simples petites courses chez Carrefour m'étaient encore petit triomphe un peu brinquebalant (plus intérieurement qu'extérieurement d'ailleurs) et point ne me suis mise à la recherche du cortège qui devait vaille que vaille protester, sans passer par la rue de la République 
et la place de l'horloge occupée par la préparation d'une fête pour nos vins.